Wildlife
En chiffres : Les paysages protégés et les oiseaux qui y vivent
Voici quelques faits surprenants concernant ces environnements protégés et les espèces d’oiseaux qui les fréquentent
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La migration des oiseaux est l’une des plus grandes merveilles du monde : des milliards d’oiseaux s’envolent chaque printemps et chaque automne entre leur résidence d’été et leur séjour d’hiver. C’est aussi une épreuve épuisante d’endurance et de force. Les 92 refuges d’oiseaux migrateurs du Canada, gérés par le Service canadien de la faune d’Environnement et Changement climatique Canada, rendent ce périlleux voyage un peu moins pénible.
En 1887, le lac de la Dernière-Montagne, en Saskatchewan, est devenu la première zone protégée par le gouvernement fédéral pour la conservation des oiseaux en Amérique du Nord (il deviendra un sanctuaire fédéral pour les oiseaux migrateurs en 1921). C’est Edgar Dewdney, lieutenant-gouverneur des Territoires du Nord-Ouest, qui a pris la décision de soustraire ces terres à la colonisation – et à la ligne de chemin de fer – en réponse à une pétition. Après avoir effectué un arpentage, il a constaté que la région était « le lieu de reproduction préféré de presque toutes les variétés de sauvagine du Nord-Ouest, des pélicans aux bécassines et que les rives des îles étaient littéralement couvertes d’œufs ». Le désir de protéger des populations de sauvagine aussi abondantes a coïncidé avec le déclin alarmant et visible des populations d’animaux sauvages – y compris les bisons, les aigrettes et les tourtes voyageuses – dû en grande partie à la chasse excessive.
Lorsque le Canada a adopté la Loi sur la convention concernant les oiseaux migrateurs en 1917 pour protéger les oiseaux migrateurs de la chasse excessive et de la commercialisation, la tourte voyageuse avait disparu et le commerce de la chapellerie avait presque fait disparaître les aigrettes. La protection des populations d’oiseaux migrateurs ne pouvait plus attendre.
Au cours du XXe siècle, le Canada a créé 92 refuges d’oiseaux, couvrant plus de 11,5 millions d’hectares. Ces sanctuaires assurent la protection des oiseaux migrateurs à des moments critiques de leur cycle de vie, lorsqu’ils sont particulièrement vulnérables : pendant la nidification et la reproduction ; pendant la mue, lorsque certaines espèces sont essentiellement incapables de voler alors qu’elles perdent leurs plumes et attendent qu’elles repoussent ; pendant qu’elles se reposent et se ravitaillent pour se préparer à la suite de leurs pénibles vols migratoires ; et pendant qu’elles hivernent.
Les refuges d’oiseaux migrateurs du Canada sont stratégiquement situés le long de quatre grandes routes aviaires – appelées voies de migration – empruntées par toutes sortes d’oiseaux lorsqu’ils migrent de leurs aires d’hivernage en Amérique centrale et en Amérique du Sud vers leurs aires de reproduction au Canada. Les sanctuaires d’oiseaux migrateurs situés le long des voies de migration du Pacifique et de l’Atlantique offrent un refuge côtier aux oiseaux de rivage et de mer, tandis que ceux qui desservent les voies de migration du Centre et du Mississippi offrent une protection particulièrement précieuse à la sauvagine. L’emplacement exact de ces refuges d’oiseaux migrateurs est choisi avec soin, les chercheurs sélectionnant les sites sur la base de critères spécifiques, notamment l’accueil d’au moins un pour cent de la population d’une espèce, la vulnérabilité aux menaces et la présence d’espèces rares ou menacées.
Bien que les oiseaux aient perfectionné leurs compétences en matière de navigation pour entreprendre des voyages couvrant de vastes distances – jusqu’à 80 000 kilomètres par an pour le champion des migrateurs nord-américains, la sterne arctique – ils ne peuvent accomplir ces incroyables exploits sans un habitat adéquat et une nourriture abondante pour les accueillir à leur arrivée ou dans leurs sites d’escale. À une époque marquée par la perte de biodiversité et le déclin marqué des populations aviaires, les refuges d’oiseaux migrateurs offrent une protection essentielle lorsque les oiseaux sont les plus vulnérables.
Les voies de migration aviaire convergent dans l’Arctique. Ici, les refuges d’oiseaux migrateurs protègent une remarquable diversité d’oiseaux de rivage, d’oiseaux chanteurs, de goélands et de sauvagine pendant la courte mais intense saison de reproduction et de nidification. Le gros de l’action se déroule entre mai et début septembre, tous les oiseaux faisant coïncider leur arrivée avec l’éclosion de la vie des insectes et des plantes. Une nourriture abondante permet aux migrateurs de maximiser leurs activités frénétiques de reproduction, de nidification et des envolées, vingt-quatre heures sur vingt-quatre. La zone arctique abrite le plus grand refuge d’oiseaux migrateurs du Canada – le refuge d’oiseaux migrateurs d’Ahiak, qui s’étend sur plus de six millions d’hectares, se targue d’une gamme vaste et diversifiée d’écosystèmes spécialisés. On y trouve de la toundra et des prairies, des vasières et des marais, des rivières, des lacs et des zones humides à profusion. Mettre en lumière, quatre sanctuaires essentiels aux oiseux arctiques.
Bien qu’une grande variété d’oiseaux utilisent ce territoire vital pour la nidification, le refuge d’oiseaux migrateurs Ahiak (anciennement connu sous le nom de Golfe-Queen Maud) est surtout réputé pour abriter plus de 90 % de la population mondiale d’oies de Ross. D’importantes volées de ces oies caractéristiques – blanches comme la neige avec le bout des ailes noir – reviennent chaque été sur la côte continentale centrale du Nunavut pour se reproduire.
Les basses terres marécageuses et les battures du refuge d’oiseaux migrateurs d’Isulijarniq (anciennement connu sous le nom de Dewey Soper), sur la côte sud de l’île de Baffin, constituent un buffet idéal de végétation variée dont se régalent les oies. Ce sanctuaire abrite la plus grande colonie de petites oies des neiges au monde : plus d’un million!
Au nord de l’île Bathurst, le refuge d’oiseaux migrateurs de Naujavaat (anciennement connu sous le nom d’Île-Seymour) est l’île de prédilection du mouette blanche, une espèce en voie de disparition. Ces mouettes toutes blanches aux pattes noires et au bec jaune affluent sur l’île pour profiter du paysage rocheux et des plages surélevées qui aident à abriter les oisillons des prédateurs. Il s’agit de la plus grande colonie de nidification au Canada.
Plus au sud, le long de la partie méridionale de la baie James, le refuge d’oiseaux migrateurs de la baie Hannah est une importante aire de repos pour environ 25 % de la population de bécasseaux maubèches (sous-espèce rufa), une population en voie de disparition. Ces bécasseaux dodus s’arrêtent ici pour se reposer et se ravitailler avant de se diriger vers le nord, vers l’île de Baffin, pour se reproduire.
Les refuges d’oiseaux migrateurs des prairies sont situés le long de la voie de migration centrale et constituent une aire de repos vitale pour la sauvagine au cours de son long voyage vers ses aires de reproduction dans l’Arctique. Cinquante pour cent de la sauvagine d’Amérique du Nord empruntent la voie de migration centrale et comptent sur ces refuges pour fournir des zones non fragmentées et des zones humides peu profondes non perturbées où ils peuvent se reposer et se rétablir. Les dépressions – souvent appelées fondrières – laissées par le recul des glaciers se sont transformées en marais non maritimes et offrent des possibilités indispensables de subsistance dans un environnement relativement pauvre en eau. Les refuges sont donc essentiels pour protéger les zones humides et les lacs précieux où la sauvagine, les oiseaux de rivage et les espèces des prairies se ravitaillent et se reproduisent.
Comme pour la plupart des phénomènes observés dans les prairies, il faut regarder de près pour en apprécier la magie. Le blizzard d’insectes offre d’alléchantes possibilités d’alimentation aux oiseaux qui migrent vers le nord. Les refuges de la prairie offrent des spectacles migratoires extraordinaires – personne n’oublie l’envol de millions d’oies des neiges, avec une bande sonore semblable à celle d’une fusée s’élançant dans l’espace, leur vol tourbillonnant et plongeant en piqué ressemblant à une tornade. Ajoutez à cela une véritable frénésie de grèbes. Les prairies sont le seul endroit au Canada où la répartition des six espèces de grèbes – grèbe jougris, grèbe à bec bigarré, grèbe à face blanche, grèbe élégant, grèbe esclavon et grèbe à cou noir– se chevauchent. Cherchez-les au refuge d’oiseaux migrateurs du lac de la Dernière-Montagne, ainsi que des espèces menacées telles que le pluvier siffleur et la grue blanche.
Le refuge d’oiseaux migrateurs du Lac-Old-Wives, en Saskatchewan, reçoit une grande partie de son eau sous forme de ruissellement provenant du paysage montagneux environnant. Comme il n’y a pas de cours d’eau, les minéraux du lac se sont concentrés au fil du temps, le transformant en un lac salin massif situé sur la voie de migration centrale. Ses vastes vasières constituent un habitat de reproduction extraordinaire pour l’avocette d’Amérique, un élégant échassier à longues pattes. Le refuge constitue également une halte de ravitaillement essentielle pour une étonnante diversité d’oiseaux de rivage, dont la barge marbrée, le pluvier kildir, le chevalier semipalmé, le courlis à long bec, le tournepierre à collier, le grand et le petit chevalier.
Les refuges d’oiseaux migrateurs du golfe du Saint-Laurent et de la côte Est sont situés le long de la voie de migration de l’Atlantique. Ces sanctuaires englobent une myriade de falaises, de formations rocheuses et d’îles qui constituent des aires de reproduction idéales, exemptes de prédateurs et dotées d’une abondance de zostère marine, ainsi qu’un répit bien nécessaire pour les oiseaux de mer avant qu’ils ne reprennent leur vie (non reproductrice) en pleine mer. La plupart des oiseaux marins qui nichent dans les refuges le long de la voie de migration de l’Atlantique se rassemblent en énormes colonies. Mise en lumière de quatre sanctuaires uniques.
Plus connue pour sa population de chevaux sauvages, l’Île de Sable, en Nouvelle-Écosse, est également un refuge d’oiseaux migrateurs qui attire les sternes, les goélands, les bécasseaux et les canards en période de nidification. L’île en forme de croissant possède 20 kilomètres de dunes côtières qui attirent la seule population nicheuse au monde de bruants d’Ipswich, une sous-espèce de bruants des prés en voie de disparition.
Le Rocher-aux-Oiseaux a été créé au Québec en 1919. Les falaises abruptes abritent jusqu’à 60 000 fous de Bassan, soit 25 % de la population nicheuse d’Amérique du Nord. Aujourd’hui disparue en raison de la chasse excessive, une importante colonie de grands pingouins se reproduisait ici – un rappel brutal de la façon dont l’avidité humaine peut rapidement décimer une espèce.
Minuscule, accidentée et dépourvue d’arbres, l’île Machias Seal, dans la baie de Fundy, abrite l’une des colonies de macareux moines les plus méridionales de la voie de migration de l’Atlantique, avec plus de 1 000 couples reproducteurs. Une importante colonie de petits pingouins y niche également.
L’archipel des Îles-Sainte-Marie a d’abord été établi comme refuge pour protéger l’eider à duvet, ainsi que d’autres colonies d’oiseaux de mer. Les étangs d’eau douce, les affleurements rocheux et la toundra abritent plus de 100 espèces végétales qui font le bonheur d’une grande diversité d’oiseaux de mer, de passereaux, de cormorans et de goélands.
Les refuges d’oiseaux migrateurs de la Colombie-Britannique se trouvent sur la voie de migration du Pacifique et offrent une protection essentielle pendant les saisons de reproduction et d’hivernage, ainsi qu’un habitat d’escale à la sauvagine, aux oiseaux de mer et aux oiseaux de rivage qui s’envolent pour se reproduire dans les régions arctiques. Bordés par l’océan Pacifique et les montagnes Rocheuses, les sanctuaires de la côte de la Colombie-Britannique offrent un abri tout au long de l’année. Il s’agit de quatre des sept sanctuaires d’oiseaux migrateurs de la Colombie-Britannique.
Premier refuge d’oiseaux migrateurs du Pacifique, celui du Havre-de-Victoria a été créé en 1923 pour protéger les bernaches cravants, qui étaient chassées à outrance à l’époque. Il demeure un refuge essentiel. Plus de 270 espèces d’oiseaux y ont été recensées, et c’est un refuge particulièrement important pour la sauvagine et les oiseaux de rivage qui se reproduisent dans l’Arctique – certains y passent l’hiver, profitant des eaux marines qui restent libres de glace tout au long de l’année. Avec des habitats allant des eaux de marée aux forêts de varech, en passant par les vasières, les marais, les pouponnières de krill, les herbiers de zostères marines , le havre de Victoria est l’un des refuges d’oiseaux les plus diversifiés du pays.
Le minuscule Îlot-Christie, situé dans le détroit de Géorgie, mesure un peu moins d’un hectare. La surface minuscule de l’île ne reflète pas son importance pour la concentration massive d’oiseaux qui s’y perchent, s’y accouplent et y nichent. L’îlot herbeux et rocheux regorge de crevasses, de corniches, d’arbustes et de falaises qui attirent une myriade d’oiseaux de mer, notamment des cormorans pélagiques et des goélands à ailes grises, des guillemots colombins et des huîtriers de Bachman.
Au sud de Vancouver, le refuge d’oiseaux migrateurs George-C.-Reifel comprend des vasières d’eau salée, des champs agricoles, des marais salés et des étangs d’eau douce. Les ornithologues s’y pressent pour observer la migration automnale de plus de 25 000 petites oies des neiges. Plus d’un million d’oiseaux de rivage s’arrêtent ici pour se ravitailler et se ressourcer au cours de leur migration. Pendant l’été, les canards et les oiseaux chanteurs y élèvent leurs petits.
Initialement créé en 1923 pour protéger les cygnes trompettes, les eaux peu profondes du lac Vaseux attirent non seulement la sauvagine, mais aussi plusieurs espèces d’oiseaux à la limite septentrionale de leur aire de répartition, notamment le pic de Lewis et la ictérie polyglotte, deux espèces en péril.
Ce reportage a été réalisé en partenariat avec Environnement et Changement climatique Canada.
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Voici quelques faits surprenants concernant ces environnements protégés et les espèces d’oiseaux qui les fréquentent
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Le Lac-Last Mountain est un refuge pour des centaines de milliers d’oiseaux migrateurs chaque printemps
Mapping
These federally protected areas are located along avian superhighways — also known as flyways — traversed by millions of birds on their annual migrations. They provide vital stopover sites and breeding grounds.