Environment

Infographie : Comprendre le mécanisme des rivières atmosphériques

Des rivières atmosphériques et les pluies intenses qu’elles apportent sur la côte ouest

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À mesure que la charge de carbone dans l’atmosphère réchauffe la planète, l’air retient davantage d’humidité et de chaleur. Rien que depuis 1980, les rivières atmosphériques sont devenues plus fréquentes, plus volumineuses et plus chargées d’humidité. (Photo: Abhishek Tewari/Unsplash)
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Si le terme « rivière atmosphérique » semble n’être entré que récemment dans le vocabulaire courant, c’est parce que c’est ce qui s’est produit. En 2018, la communauté météorologique mondiale lui a donné une définition officielle. Il s’agit d’un long couloir de vapeur d’eau, mince et transitoire, qui s’écoule des basses latitudes vers les hautes latitudes, à proximité de la surface de la Terre.

Mais pour les Canadiens, l’idée que le ciel puisse laisser échapper une rivière a frappé de plein fouet en novembre 2021. C’est à ce moment-là qu’une rivière atmosphérique catastrophique a frappé la côte sud de la Colombie-Britannique et n’a pas cessé de couler. Deux jours et demi plus tard, elle a provoqué la mort d’au moins six personnes, l’évacuation de près de 15 000 personnes et la mort de 1,3 million d’animaux d’élevage. Les bâtiments ont tremblé sous l’effet des vents violents, les flancs des montagnes se sont détachés, les ponts se sont effondrés sous l’effet des inondations, l’autoroute 8 est tombée dans la rivière Nicola et des tronçons de l’autoroute Coquihalla ont été fermés pendant des mois.

Si la terminologie est nouvelle, le phénomène, lui, ne l’est pas. Les météorologues suivent ces courants d’eau dans le ciel depuis près d’un siècle. Dans les années 1930, on les appelait « langues humides » (en anglais, du moins). Plus tard, on a parlé de « convoyeurs chauds » ou de « panaches tropicaux ». S’il partait des côtes d’Hawaï et atteignait ensuite la côte ouest de l’Amérique du Nord, on l’appelait « l’ananas express ».

Sur les images des satellites météorologiques, les rivières atmosphériques ont un aspect différent de celui des tempêtes classiques : des panaches au lieu d’une virgule ou d’une brioche, explique Bobby Sekhon, météorologue chargé de la préparation aux alertes à Environnement et Changement climatique Canada, basé à Vancouver.

Lorsqu’elles sont extrêmes, elles ressemblent à un énorme tuyau d’arrosage qui ne se ferme jamais. 

Mais toutes les rivières atmosphériques ne sont pas des monstres. En fait, ces panaches de vapeur chaude sont l’un des principaux moyens par lesquels l’eau et l’énergie se déplacent sur la planète. La chaleur du soleil fait évaporer l’eau des océans chauds, créant des masses denses de vapeur d’eau dans l’air. La vapeur s’élève et se divise parfois en longs panaches. Le courant-jet s’en empare ensuite, transportant toute cette humidité et cette chaleur vers des latitudes plus élevées, au nord ou au sud de l’équateur, généralement juste devant un front froid.

Une fois que la masse se heurte aux montagnes, elle s’élève, se refroidit et laisse échapper son humidité. La rivière dans le ciel se transforme en averse de neige ou de pluie lorsqu’elle atteint la terre ferme. La plupart de ces précipitations sont anodines, se contentant de remplir les nappes phréatiques de la Terre ou de reconstituer la neige accumulée au sommet des montagnes.

Mais lorsqu’elles sont extrêmes, elles ressemblent à un énorme tuyau d’arrosage qui ne se ferme jamais. Les volumes sont stupéfiants ; certains contiennent deux fois plus d’eau que le fleuve Amazone, le plus grand du monde. L’ampleur des dégâts qu’elles causent dépend de l’endroit où elles tombent, de leur durée, du degré de saturation du sol, du nombre de personnes et de l’importance des infrastructures humaines dans la région, explique M. Sekhon.

Et la situation ne fait qu’empirer. À mesure que la charge de carbone dans l’atmosphère réchauffe la planète, l’air retient davantage d’humidité et de chaleur. Rien que depuis 1980, les rivières atmosphériques sont devenues plus fréquentes, plus volumineuses et plus chargées d’humidité. Elles deviendront encore plus puissantes à mesure que la planète se réchauffera.

Cet article a été réalisé en partenariat avec Environnement et Changement climatique Canada.

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