Science & Tech

À la recherche d’indices sur le mystère de la grande extinction du Pléistocène au Yukon

Les découvertes sur la disparition des grands mammifères dans le Nord pourraient aider les chercheurs à comprendre les effets potentiels du changement climatique que nous vivons aujourd’hui
  • Oct 12, 2018
  • 692 words
  • 3 minutes
Unearthing clues to the mystery of the great Pleistocene extinction in Yukon Expand Image

Au Yukon, des paléontologues cherchent la solution à l’un des grands mystères du Nord – la raison de l’extinction majeure de grands mammifères à la fin de la dernière glaciation – et les chercheurs d’or ainsi que les chasseurs autochtones les aident à recueillir les indices.

Le Yukon a été épargné par les glaciers massifs qui ont recouvert la plus grande partie du Canada à différents moments durant le Pléistocène, qui a débuté il y a environ 2,5 millions d’années pour prendre fin il y a 12 000 ans, et une riche diversité de grands mammifères – chevaux, mammouths laineux, paresseux marcheurs, lions, chameaux et autres animaux exotiques – vivait dans la toundra qui recouvrait le territoire. 

Aujourd’hui, leurs squelettes sont préservés dans le pergélisol, mais les paléontologues n’ont pas besoin de creuser pour les trouver. Aux environs de Dawson, les mineurs qui cherchent de l’or dans les ruisseaux trouvent constamment des fossiles, de sorte que le paléontologue Grant Zazula et ses collègues n’ont qu’à emprunter les routes de l’arrière-pays chaque été pour rendre visite aux mineurs et recueillir ce qu’ils ont trouvé – près de 6 000 fossiles chaque année. À Old Crow, autre point chaud paléontologique, les membres de la Première Nation Vuntut Gwitchin sont passés maîtres dans l’art de retrouver et d’identifier les ossements laissés à nu par l’érosion des berges des rivières et jouent un rôle de premier plan dans les recherches.

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L’analyse génétique permet à Zazula d’établir des liens entre les animaux et l’évolution de leurs populations au fil du temps. Le pergélisol préserve l’ADN, et l’information peut être extraite des plus infimes fragments – du lieu où un animal a uriné, par exemple, ou d’organismes microscopiques. « À partir d’un bloc de sédiments gelés », explique Zazula, « vous pouvez établir la présence de différentes espèces végétales et animales. C’est remarquable. » 

Donc, qu’est-ce qui a causé les extinctions? Une série de changements climatique fait partie du casse-tête. Durant les périodes de réchauffement, des populations de chameau, de paresseux marcheur, de mastodonte d’Amérique et autres animaux des climats chauds ont migré vers le nord jusque dans l’Arctique, pour ensuite s’éteindre lorsque le climat s’est refroidi de nouveau.

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À GAUCHE: La technicienne sur le terrain de la paléontologie Susan Hewitson est entourée d’une pile de fossiles à Last Chance Creek, au sud de Dawson. À DROITE: Des dents d’un castor géant (ci-dessus) et d’un chameau de l’Arctique géant découvertes près de Old Crow. (Photos fournie par Grant Zazula/gouvernement du Yukon)

L’arrivée d’espèces concurrentes venues d’Asie peut être un autre facteur. Lorsque le bison a franchi l’isthme de Béring pour arriver en Amérique du Nord il y a quelque 150 000 ans, il y a rapidement prospéré. Sa population a augmenté en flèche et, explique Zazula, « il a essentiellement supplanté toutes les autres espèces. Les autres grands herbivores, comme les chevaux et les mammouths, n’ont pas pu résister – et nous savons que le bison a survécu à la fin de la glaciation. » Une fois les autres grands mammifères disparus, le caribou, qui n’était pas présent en abondance durant le Pléistocène, est devenu le grand mammifère terrestre dominant dans le Nord. 

Nous n’avons toujours pas de réponse définitive sur ce qui a causé l’extinction de tous ces animaux – mais nos travaux ne portent pas uniquement sur les extinctions, ajoute Zazula. « Certaines espèces ont eu l’occasion de prospérer et de former de grandes populations. Ce que nous découvrons à propos de la façon dont les mammifères et l’environnement actuels du Nord ont évolué nous aide à comprendre les changements qui surviennent aujourd’hui chez les communautés animales et végétales avec les hivers plus chauds que le changement climatique apporte au Yukon. » 

Voici le plus récent numéro d’une série de blogues portant sur les questions polaires et la recherche connexe présentée par Canadian Geographic et Savoir polaire Canada, un organisme du gouvernement du Canada qui vise à approfondir les connaissances du Canada relatives à l’Arctique et à fortifier le leadership canadien en ce qui concerne la technologie et la science polaires. Pour en apprendre davantage, visitez canada.ca/fr/savoir-polaire.
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