Étant donné que les facteurs de stress et les conditions varient à travers le bassin des Grands Lacs, les cinq lacs sont également évalués individuellement selon les mêmes critères. Parmi ceux-ci, seul le lac Supérieur a obtenu la note « Bon », tandis que le lac Huron a été jugé « Passable à Bon », des évaluations qui correspondent aux pressions démographiques moins importantes exercées sur ces deux lacs. Les lacs Michigan et Ontario, quant à eux, ont été jugés « Passables », tandis que l’état de santé du lac Érié a été jugé « Médiocre ».
« Le rapport montre notamment que les Grands Lacs restent une excellente source d’eau potable de grande qualité… mais qu’ils subissent également certaines pressions, » explique M. Orlandi, l’un des coordonnateurs et coauteurs du rapport.
Parmi les progrès notables, on peut citer la réduction des substances chimiques toxiques dans les Grands Lacs, qui a eu pour effet secondaire de réduire l’accumulation de ces substances dans les poissons que nous consommons. Au cours de la dernière décennie, les concentrations de BPC dans les poissons capturés et analysés par les chercheurs ont diminué ou sont restées stables dans tous les lacs. Il en va de même pour les concentrations de mercure. « Ces baisses peuvent être largement attribuées aux interdictions et aux éliminations progressives de substances nocives mises en place par le passé », explique M. Orlandi. En d’autres termes, les mesures prises il y a plusieurs décennies ont aujourd’hui des effets positifs.
Les efforts de conservation et de gestion des espèces ont également permis une légère augmentation des populations d’esturgeons de lac dans tous les lacs, ainsi qu’un redressement des populations de truites grises, en particulier dans le lac Supérieur, et de dorés jaunes dans le lac Érié. Par ailleurs, le nombre de nouvelles espèces aquatiques non indigènes qui se sont implantées a considérablement diminué après que le Canada (en 2006) et les États-Unis (en 2008) ont adopté des réglementations imposant le vidage en pleine mer des citernes de ballast de tous les navires transocéaniques. Auparavant, l’eau de ballast embarquée par les navires dans les ports d’eau douce d’outre-mer était souvent rejetée dans les Grands Lacs – avec toutes les espèces non indigènes qui avaient fait le voyage.