People & Culture

De grandes attentes : le roi Charles III et son engagement envers les peuples autochtones

Le roi Charles III a montré qu’il était prêt à écouter les peuples autochtones – et à apprendre d’eux

  • Apr 27, 2023
  • 684 words
  • 3 minutes
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Le prince Charles participe à une cérémonie crie avec Gordon Oakes (à gauche) et le chef Perry Bellegarde en avril 2001. Le nom cri du roi signifie « le soleil veille sur lui d’une bonne manière » (Photo: CP Photo/Adrian Wyld)
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Mes aînés m’ont appris que la voie crie consiste à élever nos dirigeants. Pour qu’ils sachent que nous avons de grandes attentes à leur égard. Pour qu’ils sachent qu’ils seront toujours soutenus pour faire la bonne chose.

Aujourd’hui, je veux rendre hommage à Sa Majesté le roi Charles III et le féliciter.

J’ai rencontré le futur roi pour la première fois en 2001 lorsqu’il s’est rendu en Saskatchewan au cours de l’année marquant le 125e anniversaire du Traité no 6 avec la Couronne. Depuis lors, j’ai eu plusieurs occasions de le rencontrer et de m’entretenir avec lui en tant que représentant de la Couronne et l’un des principaux défenseurs de longue date de l’environnement et du développement durable. Au cours des quatre dernières années, j’ai eu l’honneur d’être conseiller pour le développement de l’Initiative des marchés durables du roi Charles.

Pour les Premières Nations des Prairies, les traités que nous avons conclus avec la Couronne sont des pactes sacrés et durables. Nous sommes entrés dans la relation issue du Traité par une cérémonie à laquelle ont assisté le Grand-Père Soleil, ainsi que tous nos êtres spirituels Grand-Mère et Grand-Père. Comme l’indique le Traité lui-même, la relation de partenariat, de respect mutuel et de réciprocité est censée être respectée tant que le soleil brille, que les rivières coulent et que l’herbe pousse.

Bien que la Couronne du chef du Canada ait maintenant la responsabilité légale d’honorer, de mettre en œuvre et d’appliquer les dispositions du Traité, pour les signataires des Premières Nations, la relation initiale avec la Couronne du chef de la Grande-Bretagne demeurera toujours. Nous avons des attentes à l’égard de ceux qui portent la couronne.

En 2023, honorer les relations du Traité signifie beaucoup de choses.

Valerie Bellegarde, le chef Perry Bellegarde et le prince Charles au siège de la Société géographique royale du Canada lors d’une tournée royale de trois jours au Canada dans le cadre des célébrations du jubilé de platine de la reine. (Photo: Fred Cattroll/Can Geo)
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Respecter les contributions que les peuples autochtones ont apportées et continuent d’apporter à la culture, à la science, à l’économie et à l’environnement signifie trouver des moyens appropriés d’intégrer nos systèmes de connaissances dans la réponse mondiale urgente à la crise climatique. Respecter notre droit inhérent et inaliénable à l’autodétermination signifie assurer une place aux peuples autochtones dans toutes les instances où des décisions vitales sont prises au sujet de notre avenir commun. Honorer nos cultures et nos traditions uniques signifie accorder la priorité à la protection et à la préservation de nos terres et de nos eaux – sous notre contrôle.

Sa Majesté le roi Charles III a montré qu’il était prêt à écouter les peuples autochtones et à apprendre d’eux. Son Initiative des marchés durables rassemble des experts gouvernementaux, industriels et techniques pour promouvoir des solutions communes aux crises interconnectées des changements climatiques, de la perte de biodiversité et de la pauvreté mondiale. À son crédit, Sa Majesté a fait des systèmes de connaissances autochtones et des droits autochtones une pierre angulaire de son leadership dans ce dialogue. Pour cela, il a toute ma reconnaissance.

Sa Majesté porte un grand nombre de titres et d’honneurs. Pour moi, celui qui se démarque est le nom cri traditionnel que feu Gordon Oakes, sage, chef et meneur de la danse du soleil, a donné au futur roi du Canada et chef du Commonwealth en 2001, alors qu’il était prince de Galles. Le nom est Kīsikāwipīsimwa miyo ōhcikanawāpamik, ce qui signifie « le soleil veille sur lui d’une bonne manière ».

Ce nom fait écho à la terminologie des Traités numérotés. Il évoque également l’un de nos enseignements les plus importants. Dans la vision du monde crie, le Grand-père Soleil veille sur chacun de nous, les êtres à deux pattes, les êtres à quatre pattes, les créatures qui rampent et celles qui volent. Nous sommes tous intereliés et nous dépendons les uns des autres.

C’est donc un nom approprié – un bon nom pour l’homme qui est notre partenaire du Traité. Et c’est un bon nom pour ce leader mondial qui, par ses paroles et ses actions, a adopté une vision du monde autochtone de nos relations et de nos responsabilités les uns envers les autres et envers le monde qui nous entoure.

À l’instar de nombreux autres dirigeants et citoyens des Premières Nations, j’ai de grandes attentes à l’égard du nouveau roi. Et je l’élève.

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