« Ces terres appartiennent aux Premières Nations. Avant même que le Canada ne soit une idée, avant tout contact, nous parcourions ces terres. Nous en prenions soin », explique Nikki van Oirschot, chef de la police de Caldwell. Le travail de son administration, et avant cela celui de l’ancienne chef Mary Duckworth, a contribué à renforcer l’engagement du Canada en faveur de la co-gouvernance avec la Nation. « Cela signifie fondamentalement que nous allons faire les choses ensemble. Nous allons nous respecter les uns les autres. Nous allons honorer et faire respecter les systèmes de gouvernance des uns et des autres », a-t-elle déclaré.
Pour la chef, le projet de parc représente un pas vers de meilleures relations, non seulement avec la terre, mais aussi avec les peuples autochtones de la région carolinienne. « Nous entretenons aujourd’hui d’excellentes relations avec Parcs Canada. Cela n’a pas toujours été le cas, bien sûr : le parc national de la Pointe-Pelée évoque certainement pour nous une partie douloureuse de notre histoire », déclare-t-elle, en faisant allusion à l’expulsion forcée de son peuple du parc.
De retour à la pointe Pelée, un tipi s’élève au-dessus d’une aire de pique-nique sur la rive nord-ouest. Au-delà, la forêt carolinienne, verte, dense et touffue, bourdonne de vie. Ce lieu a été rebaptisé Madbin Jina en 2020 par Janne Irene Peters, défunte gardienne du savoir de la nation de Caldwell, en symbole de rapprochement entre la Nation et le parc. La même année, la réserve de la Première Nation de Caldwell à Leamington, juste à l’extérieur de la pointe Pelée, a finalement été établie. À Madbin Jina, une plaque explique aux visiteurs la signification de l’expression en langue anishinaabemowin.
À Madbin Jina, une plaque explique aux visiteurs la signification de l’expression en langue anishinaabemowin.
« À l’époque de nos ancêtres, si quelqu’un arrivait dans la région, était perdu, avait froid ou avait faim, les gens l’invitaient chez eux à “s’asseoir un instant”. Tous ceux qui ont croisé leur chemin en paix ont été accueillis et soignés, le temps de retrouver leurs marques, de se restaurer et de se reposer, pour un “instant” (ajina). »
« Quand vous lisez “Madbin Jina”, sachez que les ancêtres vous invitent à venir vous “asseoir un instant” en paix, et à profiter de ce que la Terre-Mère a à offrir ici. »