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L’agriculture dans la Ceinture de verdure : cinq fermes d’Ottawa à visiter cet été

L’agriculture urbaine à l’honneur dans la région de la capitale nationale du Canada

  • Published Jun 30, 2023
  • Updated Jul 17
  • 1,627 words
  • 7 minutes
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Photo avec l’aimable autorisation de la Commission de la capitale nationale
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La région de la capitale nationale symbolise le cœur du Canada. Englobant les villes d’Ottawa et de Gatineau (Québec), ainsi que les banlieues environnantes situées de part et d’autre de l’historique rivière des Outaouais, elle est au centre de la démocratie canadienne. C’est un lieu d’accueil pour les gens de tout le pays et du monde entier qui veulent découvrir le patrimoine collectif, la culture et les attraits naturels de la région.

Forte de plus d’un siècle d’expérience, la Commission de la capitale nationale apporte une valeur unique à la région de la capitale en remplissant trois rôles spécifiques : celui de planificatrice à long terme des terres fédérales, de principale gardienne des lieux publics d’importance nationale et de partenaire inspirée visant l’excellence en matière de développement et de conservation.

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La Ceinture de verdure de la capitale nationale est un exemple de ce troisième rôle. La Ceinture de verdure compte quelque 20 000 hectares d’espaces verts à l’intérieur et autour d’Ottawa, notamment des forêts, des dunes et des zones humides, avec de nombreux sentiers publics facilement accessibles en voiture. Elle comprend également certaines des terres agricoles les plus fertiles de la région. C’est pour cette raison que la Commission de la capitale nationale loue 5 400 hectares de terres aux agriculteurs. La qualité des terres et un climat favorable permettent de produire localement une grande variété de cultures dont profitent de nombreuses familles de la région de la capitale nationale.

De la ferme à la table

Les fermes de la Ceinture de verdure symbolisent les traditions rurales du Canada et sont un exemple de pratique agricole viable et diversifiée dans un environnement périurbain. Les efforts de ces agriculteurs infatigables contribuent à nourrir nos communautés.

Un rapide coup d’œil à la Ceinture de verdure révèle la présence d’exploitation agricole à l’ouest, au sud et à l’est d’Ottawa. Par une belle journée d’été, nous avons donc entrepris de visiter quelques-unes de ces exploitations pour voir de quoi il retourne.

La prévoyance dans la planification d’une agriculture durable 

En 1903, Frederick Todd, le premier architecte paysagiste professionnel au Canada, présente un plan à la Commission d’embellissement d’Ottawa, l’ancienne Commission de la capitale nationale, pour conserver de nombreux espaces verts de la capitale dans le domaine public, y compris ce qui est aujourd’hui la Ceinture de verdure. Puis, en 1950, l’urbaniste Jacques Gréber reconnaît la valeur et l’importance des terres naturelles et agricoles adjacentes aux villes et propose la création d’une ceinture verte pour la région de la capitale.

Sans la clairvoyance de ces planificateurs visionnaires, l’étalement urbain aurait depuis longtemps détruit la plupart des espaces verts de la région, y compris des terres agricoles de grande valeur. Aujourd’hui, plus de 1,5 million de personnes dans la région récoltent les fruits d’une agriculture locale et durable.

Ferme Mādahòkì

Nouvellement intégrée à la Ceinture de verdure en 2021, la ferme Mādahòkì est un lieu où les peuples autochtones peuvent se rapprocher de la terre par des programmes de guérison et de bien-être. Mādahòkì signifie « partager la terre » en anishinaabemowin, correspondant à l’objectif de la ferme de favoriser une meilleure compréhension et une réconciliation avec tous les Canadiens en communiquant les enseignements traditionnels et les dons de la terre selon une perspective autochtone.

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Pour ce faire, la ferme Mādahòkì invite le public à célébrer le changement des saisons à la manière des Anishinaabe, par des événements organisés lors des lunes de Pibòn (hiver), Sīgwan (printemps) et Tagwàgi (automne), et à participer au Festival autochtone du solstice d’été qui a lieu chaque année. Ces festivités immersives proposent des plats de la ferme à la table et des expériences culturelles comme l’artisanat, la musique, la mode, la danse et les contes. 

Trina Mather-Simard, fondatrice de la ferme Mādahòkì, est membre de la Première Nation de Curve Lake et une pionnière au sein de la communauté touristique autochtone d’Ottawa. En discutant avec Mme Mather-Simard, nous en apprenons davantage sur sa mission qui consiste à transmettre les connaissances traditionnelles à des personnes de tous horizons.

Elle nous montre les nouvelles parcelles de jardin ensemencées de la ferme, où l’on enseigne la manière autochtone de planter et de récolter les baies, le maïs, les fraises, les haricots et les courges, ainsi que la façon de les préparer et de les servir avec des viandes, telles que l’élan et le bison.

La ferme abrite également un troupeau de chevaux spirituels ojibwés. Le cheval spirituel ojibwé est la seule race de chevaux autochtone connue au Canada. Sa petite taille et ses adaptations lui ont permis de survivre dans les forêts froides du Nord. Les gentils et curieux Migzi et Kitagokons se joignent à notre conversation, voulant attirer l’attention de notre groupe.

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La société d’apiculture Gees Bees Honey Company

Le long de la rivière Rideau, au sud de l’aéroport international d’Ottawa, la ferme de la société d’apiculture Gees Bees Honey Company vit au son du bourdonnement de plus de 10 millions d’abeilles qui s’activent avec Marianne et Matthew Gee pour produire un miel sucré et floral destiné aux heureux habitants de la région.

Depuis qu’elle s’est installée sur ce terrain loué à la Commission de la capitale nationale il y a plus de cinq ans, la famille Gee vit sa passion pour les abeilles et l’apiculture. Ses membres ont découvert leur nouvel amour par hasard en tombant sur une colonie d’abeilles dans les murs de leur ancienne maison. C’est en décidant de la sauver qu’ils ont appris à s’occuper des abeilles. Ce sauvetage inattendu a éveillé en eux une passion qui allait transformer leur vie.

Les abeilles des Gees butinent une grande variété d’arbres, de plantes herbacées et de fleurs sauvages, des érables aux asters en passant par les pissenlits et le trèfle. Cette diversité florale crée une gamme de saveurs de miel uniques qui varie avec les saisons. Marianne Gee nous offre une dégustation à même les rayons de miel et nous informe que le rayon lui-même, fait de cire d’abeille, peut être dégusté comme un en-cas sucré.

La Ferme d’Orléans 

Située à proximité de la ville, la Ferme d’Orléans est un lieu très fréquenté.

Paul Henrie a grandi sur cette terre située près de Green’s Creek, à l’est du centre-ville d’Ottawa. Depuis plus de 30 ans, Paul et son épouse, Françoise Michaud, diversifient progressivement les produits frais cultivés ici.

Les parents de Henrie ne cultivaient que des pommes, des citrouilles et du maïs. Aujourd’hui, les terres agricoles de la famille ont doublé pour atteindre 28 hectares, ce qui leur permet de cultiver plus de 25 produits différents, comme des légumes verts de saison, des asperges, de la rhubarbe, des baies, des concombres, des courges, des poivrons, des tomates et plus de 21 variétés de pommes. Au kiosque de la ferme, des produits colorés et fraîchement cueillis mettent l’eau à la bouche des navetteurs affamés à la recherche d’ingrédients pour leur prochain repas.

Le rêve de la famille Henrie se poursuit avec la nouvelle génération d’agriculteurs, Alexandre et Caroline, qui nous parlent de leurs projets de création d’un vignoble, d’une miellerie et d’une cidrerie.

Ottawa Farm Fresh

« La vie est trop courte pour les légumes d’épicerie. » C’est la devise de Jonathan Bruderlein, Jolianne Demers et leur fils Milo, qui sont fiers de produire une variété de légumes frais, sains et biologiques directement dans la cour arrière d’Ottawa. La ferme Ottawa Farm Fresh, située dans le quartier Mer Bleue de la Ceinture de verdure, a vu le jour en 2021 et s’est considérablement développée grâce à l’inlassable dévouement et enthousiasme de la famille.

Lorsque ses membres ont commencé à chercher des terres agricoles, ils voulaient se trouver dans les limites de la ville, à proximité des habitants de la région. Après avoir visité plusieurs fermes pendant un an et demi et analysé le sol, la terre et les emplacements, ils ont opté pour cette propriété louée à 10 minutes du centre-ville d’Ottawa. Aujourd’hui, la ferme gère un programme d’agriculture soutenue par la collectivité, un modèle agricole populaire qui associe les agriculteurs aux résidents pour assurer la pérennité de la ferme.

Mme Demers crée également une série de programmes saisonniers à la ferme, comme des séances de yoga et des expériences culinaires mettant en vedette certaines de ses recettes les plus alléchantes. L’événement préféré de Milo est le festival annuel de récolte des carottes, où les habitants viennent pour une journée d’activités automnales et aident à récolter les rangs de carottes qui semblent interminables.

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La ferme coopérative Beetbox 

L’agriculture durable consiste entre autres à cultiver la terre avec le soutien des collectivités et à transmettre les connaissances et les pratiques agricoles. De nombreux agriculteurs de la Ceinture de verdure proposent des programmes communautaires, dont certains s’adressent aux jeunes, afin d’encourager la prochaine génération de production agricole locale. La ferme coopérative BeetBox, située à l’extrémité ouest de la région, à Shirleys Bay, en est un exemple. Nous commençons notre visite en compagnie d’Angela Plant au point de ramassage qui fourmille de personnes venues chercher leurs paniers de produits frais de la semaine dans un effort collectif de soutien de l’agriculture. À l’entrée du kiosque de la ferme, les clients bavardent et rient en parcourant les produits frais et les conserves et en dégustant du cidre frais de la ferme.

À l’intérieur de la serre, on cueille des tomates cerises fraîches. Dans le champ, nous rejoignons un groupe communautaire qui apprend à cultiver ses propres parcelles avec les experts agricoles de BeetBox. De nombreuses personnes recherchent ce lien avec la terre, et l’agriculture leur permet de se salir les mains, une expérience sensorielle sans pareille.

Notre visite de la Ceinture de verdure se termine par un coucher de soleil sur la rivière des Outaouais, derrière la ferme. Nous repartons avec l’envie de visiter davantage de fermes locales et avec une meilleure connaissance de tout ce que la Ceinture de verdure de la capitale nationale a à offrir.

Photo avec l’aimable autorisation de la Commission de la capitale nationale
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This story is from the July/August 2023 Issue

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