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Science & Tech

Des microorganismes dévoreurs de métaux lourds sont mis à contribution pour filtrer les effluents contaminés dans les sites miniers du Nord

  • Jul 17, 2014
  • 468 words
  • 2 minutes
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Lorsqu’Amélie Janin soulève une pelletée de boue dans un ruisseau de Keno Hill, site d’une ancienne mine d’argent du Yukon, elle sait qu’elle sera remplie de bactéries inhabituelles ayant une diète particulière et un avenir prometteur. Ces bactéries qui consomment des composés de métaux lourds représentent le tout dernier cri dans le nettoyage des vestiges miniers.

Les effluents miniers peuvent contenir des métaux lourds toxiques, comme l’arsenic et le cadmium, qui peuvent entraîner une grave contamination environnementale lorsqu’ils pénètrent dans le sol ou s’écoulent dans les ruisseaux et les rivières. Janin, hydrochimiste au Centre de recherche du Yukon du Collège du Yukon, fait appel à ces microorganismes uniques pour aider à traiter ce problème. Le projet mené par son équipe a été lancé après que quatre entreprises de l’industrie des ressources aient demandé son aide pour assurer la protection de l’environnement.

Dans le cadre de ses expériences, Janin utilise des bactéries sulfatophages qu’elle trouve dans la boue sous les effluents miniers, qui sont chargés de sulfates. Dans son laboratoire, elle dispose les microorganismes dans des bioréacteurs contenant du gravier ou d’autres surfaces sur lesquelles ils peuvent se multiplier. Les bioréacteurs — qui en taille réelle seraient des tranchées ou des étangs — agissent comme des filtres : pendant que l’eau contaminée s’écoule par gravité à travers le substrat, les minuscules créatures consomment les sulfates et les transforment en sulfures inoffensifs, tandis que les métaux lourds s’en séparent par précipitation.

« Nous avons obtenu des résultats très intéressants pour l’extraction des métaux », explique Janin. « Le processus est d’une grande efficacité; nous travaillons sur la façon de le contrôler et d’en augmenter la fiabilité. Le principal défi consiste à adapter ces technologies aux températures froides. »

L’utilisation de bactéries est à la fois économique et efficace, dit Janin. « Le traitement passif de l’eau que nous développons est beaucoup moins coûteux que l’utilisation de machinerie. Les sociétés minières appuient le développement de ces technologies, parce qu’elles ont la responsabilité du traitement de l’eau sur l’ensemble du cycle de vie d’une mine, incluant sa fermeture. »

Un autre avantage de cette méthode est sa longévité. Même si un site minier a été abandonné, les polluants toxiques doivent quand même être éliminés, et le processus mis au point par l’équipe du Centre de recherche du Yukon pourrait en théorie continuer à fonctionner pendant cent ans. « Les bactéries », conclut Janin, « ne font jamais faillite. »

Voici le plus récent billet d’un blogue sur les questions polaires et la recherche connexe présenté par Canadian Geographic en partenariat avec la Commission canadienne des affaires polaires. Le Blogue polaire sera affiché en ligne toutes les deux semaines et certains billets seront publiés dans de prochains numéros du magazine. Pour de plus amples renseignements sur la CCAP, veuillez visiter polarcom.gc.ca.
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