Ces dernières années, l’augmentation du nombre et de la puissance des rivières atmosphériques qui frappent les villes et villages de la côte ouest du Canada a régulièrement fait la une de l’actualité. (À mesure que la charge de carbone dans l’atmosphère réchauffe la planète, l’air retient davantage d’humidité et de chaleur. Depuis 1980 seulement, cela a rendu les fleuves atmosphériques plus fréquents, plus importants et plus chargés en humidité.)
Bien que ces rivières atmosphériques de la côte ouest soient attendus (et n’en soient pas moins dévastateurs), M. Mariani se concentre sur les fleuves atmosphériques qui ont commencé à frapper l’Arctique avec une fréquence croissante. Des communautés comme Iqaluit ne sont pas conçues pour résister aux inondations et aux précipitations extrêmes. Par ailleurs, Tuktoyaktuk, un hameau des Territoires du Nord-Ouest aux confins de l’océan Arctique, est menacé d’être emporté par les eaux, martelé par les vagues alors même que son pergélisol fond.
Les phénomènes météorologiques exceptionnels deviennent tout simplement plus fréquents partout, explique M. Mariani, qui souligne que le Grand Nord est particulièrement touché. « C’est catastrophique », dit-il à propos de la situation à laquelle sont confrontés les habitants de Tuktoyaktuk. « Et cela coûte très cher. On ne peut pas simplement plier bagage et partir, n’est-ce pas ? C’est donc un énorme problème. »
Il qualifie les changements climatiques dans l’Arctique de signal d’alarme pour tous les Canadiens et, en fait, pour les populations du monde entier. « Dans le contexte global du changement climatique à l’échelle mondiale, l’Arctique est le canari dans la mine, » explique M. Mariani. « On peut en quelque sorte le considérer comme un système d’alerte précoce, si vous voulez. » Les populations vivant dans le Grand Nord vont souffrir, mais le changement climatique a des répercussions mondiales sur tous les domaines, de la qualité de l’air au niveau des océans.
Mais savoir, c’est pouvoir, et M. Mariani est convaincu que les travaux sur l’atmosphère menés par lui et ses collègues contribueront à aider les gouvernements à prendre des décisions politiques éclairées sur tous les sujets, de la réglementation des émissions aux besoins en infrastructures. Et alors que le passage du Nord-Ouest s’ouvre à la navigation, il sait que les capitaines et les équipages auront besoin de prévisions fiables sur la météo et sur la glace de mer.
« Cela répond vraiment à tous les critères », déclare M. Mariani, soulignant ainsi l’importance de la recherche atmosphérique dans l’Arctique.