Sue Abbott, directrice adjointe des programmes de l’Atlantique chez Oiseaux Canada, explique que les pluviers prospèrent sur des plages dépourvues de végétation, où un apport constant de sable et de galets neufs leur permet de camoufler leurs nids et leurs poussins. « Nous souhaitons que les processus naturels permettent à ces écosystèmes de plage d’évoluer en permanence. Parfois, il y aura de nombreux habitats propices aux pluviers, et parfois il n’y en aura peut-être pas, mais le fait est que les plages doivent évoluer au fil du temps pour rester saines à long terme. »
Selon Mme Abbott, la population de pluviers siffleurs de Nouvelle-Écosse s’est bien maintenue ces dernières années, dépassant l’objectif provincial de 60 couples nicheurs, même si la région de l’Atlantique dans son ensemble n’atteint pas l’objectif de rétablissement à long terme fixé à 310 couples nicheurs.
Historiquement, les pluviers siffleurs ont toujours niché au lac Big Glace Bay, où la plage en constante évolution offre exactement le type d’habitat dynamique dont ils ont besoin. « Devenir une zone protégée au niveau fédéral est extrêmement important et nécessaire pour les pluviers siffleurs et pour d’autres espèces », déclare Mme Abbott, ajoutant que les plages et les dunes protégées au niveau fédéral sont rares au Canada.
Mme Abbott se réjouit de constater qu’après des années de sensibilisation, les habitants et les visiteurs sont désormais bien plus conscients de l’impact de leur comportement sur l’habitat des pluviers et de l’importance de la gestion responsable de cet environnement.
Le travail de l’Association pour la faune de Port Morien a contribué à renforcer cette prise de conscience. Au fil des ans, ses membres ont installé des nichoirs, procédé à des recensements d’oiseaux et surveillé les activités humaines nuisibles telles que les feux de plage, la présence de chiens en liberté et la circulation automobile sur la plage. Toutes ces activités perturbent les espèces menacées comme les pluviers siffleurs.
Répondant aux préoccupations de ses scientifiques et des associations locales, le gouvernement fédéral a récemment installé des barrières pour empêcher les véhicules d’accéder à la plage. Il a également mis en place des panneaux d’information destinés au public concernant les oiseaux nicheurs.
Chaque mesure s’ajoute à une série d’étapes importantes visant à protéger cet écosystème fragile. Les personnes qui, auparavant, ne se rendaient pas compte des effets de leurs actions sont désormais beaucoup plus sensibilisées, explique M. McNeil. Et bien que les nouvelles infrastructures aient contraint les gens à modifier certaines de leurs habitudes, la plupart se sont montrés disposés à faire place à la nature. « Les personnes qui aiment cet endroit et en profitent s’adaptent aux dispositions mises en place. »
Il s’agit d’un changement qui s’inscrit dans la continuité du processus de restauration engagé depuis des décennies au lac Big Glace Bay : il s’agit de dégager de l’espace pour permettre à cet écosystème riche et en constante évolution de s’épanouir et de remplir son rôle.
Cet article a été réalisé en partenariat avec Environnement et Changement climatique Canada.