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    Le laboratoire scientifique aéroporté de la NASA, un DC-8, a recueilli des données sur le pergélisol, l’humidité du sol, la neige, la végétation et la surface des eaux dans l’Arctique canadien dans le cadre des expériences NASA ABoVE en cours de l’agence spatiale. (Photo : NASA ABoVE)

Dans quelle mesure les écosystèmes nordiques sont-ils vulnérables – ou résilients – face aux changements climatiques? Et quelles sont les répercussions pour ceux qui dépendent de ces écosystèmes? Pour répondre à cette question, un projet de recherche ambitieux associe la technologie de télédétection de la NASA à l’expertise de chasseurs autochtones et de scientifiques dans le domaine. 

L’expérience de la NASA sur la vulnérabilité de la région boréale de l’Arctique (ABoVE, Arctic and Boreal Vulnerability Experiment) se penche sur des écosystèmes en Alaska, au Yukon, dans les Territoires du Nord-Ouest et dans l’ouest du Nunavut. « Cette zone immense se réchauffe rapidement », dit Mike Gill, un scientifique qui a travaillé à Savoir polaire Canada, un partenaire du projet. « Les peuples autochtones ressentent déjà les changements et cherchent des réponses à des questions fondamentales. Y aura-t-il assez de caribous pour la récolte à l’avenir? Les feux de forêt deviendront-ils plus menaçants? Quel sera l’effet des changements climatiques sur les routes de glace dont certaines communautés ont besoin pour s’approvisionner et sur les routes d’hiver traditionnelles qui mènent aux territoires de chasse et de pêche? » Voilà certaines des questions au cœur du projet.

Les peuples autochtones dans le Nord constatent déjà les changements et cherchent des réponses à des questions fondamentales.

Les scientifiques de la NASA collectent des données à l’aide d’instruments de télédétection sophistiqués embarqués sur un satellite ou un avion, y compris le laboratoire volant de la NASA, un avion de ligne à réaction DC-8 d’époque. Un soir du mois d’août 2017, cet avion inhabituel a fait une descente en spirale d’une altitude de 35 000 pieds vers Cambridge Bay (Nunavut). Ses nombreux détecteurs ont recueilli des données qui approfondiront la compréhension des mouvements des gaz à effet de serre et du carbone entre la surface et l’atmosphère. 

« La NASA a certaines des meilleures technologies de télédétection au monde et l’Agence spatiale canadienne offre aussi ses données satellitaires », dit Gill. « Mais il faut savoir ce qui arrive au sol pour interpréter correctement les données recueillies par satellite ou par avion. Voilà ce qu’on appelle la “vérification au sol” que seuls des experts dans le domaine peuvent effectuer. » Parmi ces experts, notons une centaine de scientifiques canadiens, ainsi que des chasseurs autochtones qui détiennent les compétences nécessaires pour repérer des changements écologiques, car ils sont de fins observateurs et passent beaucoup de temps sur le terrain.

L’expérience ABoVE, qui a commencé en 2015, recueillera une énorme quantité de données au fil de ses dix années d’activité. Ces données seront mises gratuitement à la disposition des universités, des instituts de recherche et des gouvernements qui ont participé au projet. Ils auront aussi accès à un superordinateur de la NASA pour procéder à l’analyse des données. Au bout du compte, nous comprendrons beaucoup mieux les changements auxquels s’attendre dans le Nord – et nous disposerons d’instruments d’information que les communautés nordiques et les gouvernements pourront utiliser afin d’établir des plans pour s’adapter à ces changements. 

Voici le plus récent numéro d’une série de blogues portant sur les questions polaires et la recherche connexe présentée par Canadian Geographic et Savoir polaire Canada, un organisme du gouvernement du Canada qui vise à approfondir les connaissances du Canada relatives à l’Arctique et à fortifier le leadership canadien en ce qui concerne la technologie et la science polaires. Pour en apprendre davantage, visitez canada.ca/fr/savoir-polaire.