People & Culture

Découverte John U. Bacon

Le journaliste parle de la Série du siècle de 1972 et de son impact sur la culture du hockey et sur l’évolution du jeu.

  • Aug 29, 2022
  • 958 words
  • 4 minutes
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  • Interview  by David McGuffin
[ Available in English ]
Le 28 septembre 1972, la Série du siècle Canada-Union soviétique se termine par une victoire canadienne spectaculaire. John U. Bacon revient sur cette victoire dans l’ouvrage The Greatest Comeback. (Photo: Frank Lennon/Toronto Star, Library and Archives Canada, E008440339)
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Écoutez l’entretien complet avec John U. Bacon sur le balado Explore (cangeo.ca/explore). Lisez un extrait de The Greatest Comeback ici.

Sur la culture du hockey en 1972

En 1972, la culture du hockey au sein de la LNH était fort différente de celle d’aujourd’hui et c’est ce qui a failli tout gâcher pour le Canada dans la Série du siècle. Il est fascinant de reculer de 50 ans pour voir à quel point le jeu — et son infrastructure — était différent. Aujourd’hui, il y a l’équipe des moins de 17 ans et celle des moins de 18 ans qui se réunissent et jouent dans le monde entier. Ces jeunes apprennent à connaître les meilleurs joueurs de Finlande, de Suède et des États-Unis avant même d’avoir 19 ans. Ils évoluent dans différentes équipes de la LNH, mais ils restent tous amis. Rien de tout cela n’existait en 1972, époque où se dressaient des silos. Les droits des joueurs étaient achetés par les Bruins, les Blackhawks ou les Canadiens. Et c’est le seul système que les joueurs connaissaient à partir de 15 ans. Très peu de joueurs étaient échangés. Ils ne connaissaient donc que les Rangers, les Bruins ou les Canadiens. Non seulement le système avait-il été créé ainsi dès le départ, mais il y avait aussi des règles pour s’assurer que les joueurs ne deviennent pas amis.

John U. Bacon a écrit plus d'une douzaine de livres sur le sport et les affaires et a également travaillé comme commentateur sportif à la télévision et à la radio. (Photo : John Schultz)
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Sur la dynamique des équipes

Les Canadiens font équipe, mais ils se détestent. Le match des étoiles est un bon exemple. Vous êtes coéquipiers pour une soirée, mais vous ne vous parlez pas. [Brad Park, qui jouait alors pour les Rangers] a fait une super passe à l’un des Bruins. Il entre en jeu et marque un but crucial. Mais après le but? Aucun contact visuel. Pas de tape m’en cinq. Pas de « Bonne passe! ». Les relations internes sont de glace. Oubliez les Russes pendant une seconde. Au sein même de l’équipe, il y a de gros problèmes avant même de jouer le premier match.

Sur la pression de gagner

Après le premier match, le score final est de 7 pour les Soviétiques et 3 pour Équipe Canada. Et c’est comme l’apocalypse. Ken [Dryden] m’a donné une citation géniale à ce sujet. Il se réveille le lendemain matin dans sa chambre d’hôtel et avant même d’ouvrir les yeux, il se dit : « Si je n’ouvre pas les yeux, peut-être que cela n’est pas arrivé. C’était le pire jour de ma carrière et peut-être de ma vie. » Et tous les joueurs vivaient la même chose. Et le pays était complètement bouleversé. Vraiment.

Sur le point tournant

Phil Esposito a prononcé l’un des discours les plus célèbres de l’histoire canadienne. Pas seulement de l’histoire du hockey, mais de l’histoire du Canada. Toute la population canadienne de l’époque s’en souvient. [Le quatrième match, disputé à Vancouver] se dégrade rapidement et la foule hue. Mais à la fin, Phil Esposito est désigné joueur du match d’Équipe Canada, il est donc toujours sur la glace et doit donner une entrevue à la télévision nationale. On lui brandit un microphone au visage, tandis que deux adolescents sont près de la Zamboni et l’invectivent en le huant. C’était la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Il a dit : « Écoutez, vous savez quoi? Ces gars sont vraiment bons, et nous sommes ici pour faire de notre mieux. Et s’ils se font huer à Moscou, je reviendrai m’excuser auprès de tous ces Canadiens. Mais je parie que ce n’est pas ce qui va se passer. Nous avons besoin de votre soutien, et nous sommes en pleine bataille, alors s’il vous plaît, soutenez-nous. » Ce message a immédiatement touché le peuple canadien.

The Greatest Comeback ajoute un aperçu à une série qui résonne encore 50 ans plus tard. (Photo : Melchior Digiacomo/Sports Illustrated/Getty Images ; conception de la veste : Greg Tabor)
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Sur l’esprit d’équipe

(Avant le cinquième match, l’équipe est allée en Suède jouer deux matchs hors concours destinés à aider les joueurs canadiens à s’habituer à la grande surface de glace internationale de Moscou). Ils devaient devenir une équipe. La bière faisait partie de l’équation. Ils allaient dans un parc de l’autre côté de la rue, ils se trouvaient de la bière et ils passaient du temps ensemble. Les silos s’effondraient. Ils se rendent compte qu’ils sont ensemble dans cette lutte. Et la deuxième chose positive, c’est qu’ils jouent au hockey européen pour la première fois sur une patinoire européenne — une patinoire internationale — ce que la plupart de ces gars n’avaient jamais connu. C’est là qu’ils sont devenus une équipe.

Sur le niveau de jeu

En regardant ces matchs, on ressentait l’incroyable intensité émotionnelle de chaque rotation, de chaque match. Tout le monde dans les deux équipes se donnait à fond. Et presque tous les gars m’ont dit qu’ils ne pourraient plus jamais atteindre ce niveau, individuellement ou en équipe.

Sur le lien Gretzky

Wayne Gretzky vit à Brampton en Ontario; il a 11 ou 12 ans. Les matchs de la finale se jouent le soir en URSS, ce qui correspond au début de l’après-midi en Ontario. Alors que fait Walter Gretzky? Il permet à son fils de manquer l’école et de profiter de la télévision couleur des voisins. Rare privilège à l’époque, et les voisins ne sont même pas des fans de hockey. Wayne est donc seul à table, sans collation. Sa mère passe de temps en temps pour s’assurer qu’il ne dérange pas la voisine. Je lui ai demandé : « L’école n’a pas demandé où tu étais? » Et il a répondu : « Ils savaient où j’étais! »

Sur la nation en haleine

Plus de Canadiens ont vu le but victorieux de Paul Henderson à 34 secondes de la fin du huitième match que l’alunissage trois ans plus tôt. Je l’ai fait remarquer à Wayne Gretzky qui a réagi en haussant les épaules : « C’était plus important. »

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This story is from the September/October 2022 Issue

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