• Alex Janvier photographed by Amber Bracken

    Alex Janvier, photographié à son studio au lac Cold, Alberta. (Photo : Amber Bracken/Canadian Geographic)

En examinant de plus près les œuvres artistiques d’Alex Janvier, nous verrons qu’elles nous racontent des histoires caractérisées par un attachement profond à la terre, un lien qui laisse paraître des lignes ondoyantes et riveraines qui se transforment en tête d’aigle orienté vers les cieux ou un castor blotti dans son terrier à la hauteur d’une rive concave.

Mais sa récente œuvre, Treize lunes, qui fait ses débuts aujourd’hui à la nouvelle résidence de la Société géographique royale du Canada, au 50, promenade Sussex à Ottawa, lors du lancement du projet de l’Atlas des peuples autochtones du Canada, dérive d’une idée qui est loin d’être banale : une salle de conférence d’un hôtel.

En 2014, Janvier ne pouvait pas assister à la réunion des aînés autochtones, qui se rassemblent une fois par an à l’hôtel Juniper du parc national à Banff. Cet hôtel est situé à proximité des ruines d’une maison semi-souterraine qui date de 4 000 ans, une sorte d’habitation enterrée construite par le peuple Secwepmec de la Colombie-Britannique. Les aînés représentent six différents groupes linguistiques. Ils gardent tous en leur mémoire la culture de la vallée de Bow qui est plus ancienne que celle du Banff actuel de quelques milliers d’années. Ils se rencontrent à cet endroit pour participer à des cérémonies et pour partager des contes sur la vallée.

Bien qu’il fût absent à la réunion, Janvier a voyagé à Banff plusieurs semaines plus tard pour rencontrer Peter Poole de l’hôtel Juniper. Pendant qu’ils visitaient la propriété, Janvier a remarqué que, quoique la plupart des salles de l’hôtel soient rectangulaires, les aînés veulent se réunir et s’asseoir en cercle. Pour cette raison, il a envisagé de créer un espace circulaire formé de panneaux en tissu. Poole a indiqué que Janvier pourrait aimer les peindre : ainsi l’idée de créer Treize lunes est née.

Alex Janvier by Amber Bracken for Canadian Geographic

Alex Janvier en train de travailler dans son studio au lac Cold, Alberta. (Photo : Amber Bracken/Canadian Geographic)

Semblable à quelques-unes des plus célèbres œuvres de Janvier, y compris Iron Foot Place (Tsa Tsa Ke K’e) et Morning Star (Gambeh Then), Treize lunes serait une très grande peinture murale. Toutefois, contrairement à ses peintures susmentionnées, Treize lunes raconterait l’histoire du temps et de l’espace transcrite sur 13 panneaux peints. Chaque panneau représente un mois du calendrier traditionnel lunaire autochtone. Ils sont placés côte à côte et forment ainsi un grand cercle, une figure récurrente dans les œuvres de Janvier. 

Accrochés sur des crochets démontables en bois, les panneaux forment presque un espace cérémonial où le visiteur est entouré par la vision artistique de Janvier. La murale est transportée d’un lieu à l’autre aux fins de l’exposition, ce qui permet aux Canadiens autochtones et non autochtones d’entretenir de nouvelles relations. En effet, elle transmet l’histoire du Canada à travers le temps et l’espace, telle que racontée par Janvier.

L'histoire qui est retracée dans Treize lunes est aussi importante que celle qui sera écrite dans l’Atlas des peuples autochtones du Canada. Aujourd’hui, cette exposition et ce projet se partagent la même affiche. Après tout, l’art et les cartes géographiques dévoilent la vraie histoire, indiquent le chemin à parcourir et examinent le passé, honorent notre relation avec la terre et nos traditions intemporelles et  remplissent d’espoir pour un avenir où les Canadiens seront plus solidaires.

L’exposition de Treize lunes sera ouverte au public du 28 juin au 30 septembre, 2017.

Pour plus d’informations, visitez notre site  rcgs.org