• How the Northern Scientific Training Program helped make Canada an Arctic science heavyweight

    Une subvention du PFSN a aidé Ann Balasubramaniam à se rendre dans le nord du Yukon en 2008, alors qu’elle était étudiante au doctorat, pour mener des recherches sur les écosystèmes d’eau douce en collaboration avec la Première Nation Vuntut Gwitchin. Balasubramaniam, qu’on voit ici prélever des échantillons d’eau du lac Mary Netro avec Devon Kyikavichik, travaille aujourd’hui pour Savoir polaire Canada à Cambridge Bay, au Nunavut. (Photo : Ann Balasubramaniam)

Il y a maintenant près de 60 ans, un programme fédéral peu connu a commencé à offrir aux étudiants des universités canadiennes une rare occasion de voyager dans l’Arctique ou la région subarctique afin d’acquérir une expérience pratique en recherche et une compréhension d’une partie du pays que la plupart d’entre nous ne verrons jamais. En plus de changer la vie de milliers d’étudiants, le programme a contribué à faire du Canada une puissance de la recherche nordique.

Au cours des années 1950, le gouvernement canadien était confronté à un besoin urgent de scientifiques du Nord, en raison du changement rapide dans l’Arctique alimenté par les événements mondiaux et les pressions intérieures en faveur du développement. Alors que la Guerre froide battait son plein, les nouvelles stations de la ligne DEW (Distant Early Warning) scrutaient le ciel arctique à la recherche de bombardiers soviétiques, et les Forces armées canadiennes apprenaient à vivre dans le Nord et à le défendre. De nouvelles mines ouvraient pour exploiter le riche potentiel minéral que certains croyaient presque illimité, et l’administration gouvernementale se déplaçait vers le nord, après plusieurs décennies de quasi-indifférence envers l’Arctique et ses résidents. La connaissance scientifique du Nord était jugée essentielle à ces activités, mais restait rudimentaire. Peu de chercheurs canadiens avaient de l’expérience dans le Nord, et la plupart des universités négligeaient l’Arctique en raison du coût astronomique pour s’y rendre.

Le Canada était confronté à un besoin urgent de scientifiques du Nord, en raison du changement rapide dans l’Arctique alimenté par les événements mondiaux et les pressions intérieures.

Parmi le petit groupe de fonctionnaires fédéraux chargés du problème se trouvait Graham Rowley, un expert de l’Arctique chez qui les premières expériences dans le Nord au cours des années 1930 avaient allumé une passion pour l’Arctique et une amitié avec les Inuits qui se sont maintenues tout au long de sa vie. Rowley savait qu’une partie de la solution consistait à inciter les étudiants à bâtir leur carrière autour des questions nordiques – et que l’expérience de la recherche dans le Nord pouvait inspirer ce choix.

Pour les encourager à suivre cette voie, Rowley et ses collègues ont créé le Programme de formation scientifique dans le Nord (PFSN), qui aide les étudiants diplômés en sciences physiques, sociales ou de la vie à payer les frais de voyage et de subsistance dans le Nord. Le PFSN a été créé en 1962, administré par ce qui était alors appelé le ministère des Affaires du Nord et des ressources nationales. 

Donat Savoie, étudiant en anthropologie à l’Université de Montréal, était parmi les étudiants qui ont bénéficié du PFSN durant ses premières années. En 1967, Savoie s’est rendu à Kangiqsualujjuaq, au Nunavik, où il a vécu dans une famille inuit qui l’a accueilli dans sa maison et dans sa communauté. « J’ai beaucoup appris sur le mode de vie des Inuits, leur mode de pensée, leurs valeurs et les défis quotidiens qu’ils doivent surmonter pour nourrir leur famille et se procurer les biens de première nécessité », raconte Savoie, qui a ensuite connu une brillante carrière en affaires nordiques au sein du gouvernement fédéral et joué un rôle de premier plan dans le développement de l’autonomie gouvernementale des Inuits au Nunavik.

Pippa Secombe-Hett, étudiante en botanique à l’Université de la Colombie-Britannique, s’est rendue dans le Nord pour la première fois en 1995, grâce à une subvention du PFSN. « Ce fut un véritable catalyseur pour moi », dit-elle. « J’ai fait des recherches dans les trois territoires – et cette première expérience a entièrement influencé mon choix de carrière. » Secombe-Hett est maintenant vice-présidente à la Recherche au Collège Aurora, à Inuvik, dans les Territoires du Nord-Ouest.

Depuis ses débuts, le PFSN (administré depuis 2015 par Savoir polaire Canada) a aidé plus de 12 000 étudiants. Presque tous les scientifiques du Nord au Canada, et plusieurs autres personnes qui travaillent dans des domaines touchant la nordicité au sein des gouvernements et des organisations autochtones et autres, ont obtenu leur première expérience nordique dans le cadre d’une subvention du PFSN. 

Le PFSN a aidé plus de 12 000 étudiants. Presque tous les scientifiques du Nord au Canada ont obtenu leur première expérience nordique dans le cadre d’une subvention du PFSN.

Aujourd’hui, avec le changement climatique et les autres enjeux pressants qui affectent le Nord, le besoin de nouvelles connaissances reste aussi impératif qu’il l’était il y a six décennies. Chaque année, avec l’aide du PFSN, des étudiants de partout au pays, y compris du Nord, provenant de 35 universités, sillonnent le Nord du Canada pour bâtir ce savoir. Il y a fort à parier que les prochaines grandes étoiles de la science du Nord se trouvent parmi eux.

Voici le plus récent numéro d’une série de blogues portant sur les questions polaires et la recherche connexe présentée par Canadian Geographic et Savoir polaire Canada, un organisme du gouvernement du Canada qui vise à approfondir les connaissances du Canada relatives à l’Arctique et à fortifier le leadership canadien en ce qui concerne la technologie et la science polaires. Pour en apprendre davantage, visitez canada.ca/fr/savoir-polaire.